CHAPITRE DE L’ÉVOCATION : LE DIKR OU RÉPÉTITION DU NOM D’ALLÂH

Quant à la pratique habituelle de l’évocation d’Allâh (par Ses Noms très beaux), elle est la meilleure action que l’aspirant peut s’évertuer à faire

Cela, je le dis hautement sans me soucier, un tant soit peu, des contestataires.

Je détiens la réponse à quiconque m’interroge, dans le verset coranique qui précède immédiatement “…wala tujâdilû, etc…” “ ne controversez pas avec les “Gens du Livre” “.

Quiconque abandonne, dis-je, la répétition du Nom d’Allâh, pour l’évocation d’autre chose, est un crétin fantaisiste.

Comment les créatures peuvent-elles oublier ou négliger la mention de Celui qui les a créées et façonnées.

La mention du nom d’Allâh constitue le début de la sainteté et son abandon est le plus haut dégré de l’égarement.

Qu’Allâh nous mette parmi ceux qui ont passé leur vie en mentionnant Son nom et en méditant.

Une divergence d’esprit surgit, à savoir s’il est mieux de le faire à haute voix ou à voix basse, entre les saints chefs spirituels.

Préfèrent-ils la voix basse pour se mettre à l’abri du “riyà” et la concentration dans la méditation pour celui qui veut bien le faire ?

D’autres préfèrent la voix haute pour en transmettre l’écho à celui qui serait tenté de limiter.

Car au cas où quelqu’un limiterait, il réalisera du coup, deux récompenses par le fait d’avoir entrainé autrui à faire du bien.

Chacun des sens de l’homme prend sa part dans les mentions (“dikr”) des Noms du Maître des créatures.

D’aucuns ont pris le juste milieu en donnant le détail suivant :

Si le fidèle craint de tomber dans le “riyà”, il récite à voix basse dissimulant son menton pour échapper à ce vice grave.

Car pour eux, préserver son action de ce danger, ne se réalise que dans cette condition

Mais au seul cas où il est affranchi de ce risque, ce, grâce à sa fermeté, sa perfection intérieure et sa pureté.

Il a plutôt intérêt à réciter à voix haute pour réaliser l’avantage de limitation.

Notre Sheikh Al Muhtar a choisi cette dernière opinion, qu’Allâh , notre Créateur, soit satisfait de lui.

Référez-vous à l’ouvrage intitulé “Junnat al-Murîd” (le bouclier de l’aspirant) de notre Sheikh le calife Muh. Halifa.

Est compté parmi les règles légales de la bonne conduite pour qui veut se livrer à la répétition du Nom d’Allâh ,

Le fait de s’asseoir sur un endroit propre, en position assise, les jambes croisées ou accroupi à la manière de celui qui prie, la face tournée vers la “Kâba”

Bien parfumé, vu que ces endroits où se fait l’évocation d’Allâhne peuvent ne pas être fréquentés pendant le “dikr”.

Par des anges et des génies (“Djin”) croyants qui viennent écouter, D’après l’opinion du consensus.

L’exclusivité du culte de l’adorateur dépend de la pureté de ses invocations qui doivent être exemptes de tout ce qui ne conviendrait pas.

Si tu est débutant, c’est la formule exclusive, avec la glorification, qui te convient.

Par la formule “Il n’y a point de Divinité si ce n’est Allâh ” l’initié déjà expérimenté se contente du vocable “AL- LÂH” (Dieu)

Le dévoilement des secrets qui découlent de cette pratique, ne sied pas dans ce cadre, car l’immensité de son secret confine à celle d’un océan profond.

Celui qui désirerait le pénétrer, n’a qu’à répudier définitivement ce bas-monde.

Ses secrets providentiels sont trop sacrés pour être écrits dans les pages d’un livre, à la portée de n’importe qui.

On le communique, certes verbalement à quelqu’un, de bouche à oreille, mais on ne l’obtient pas par le biais de disputes et de controverses.

On l’acquiert “à la pointe de l’épée” avec la foi absolue et non par la contestation ou dans l’oisiveté.

On l’obtient en contrariant la passion et l’âme charnelle et non en méprisant les personnes avantagées (par la bonté divine).

La meilleure des paroles est la formule de la “Shahâda” dite témoignage de l’islamisme. (1❀)

Toute personne qui la prononce, convaincue de son contenu, ira demain au Paradis.

Il suffit de se rendre compte qu’elle est appelée “le prix du Paradis de notre Seigneur”.

Et qu’on l’appelle la forteresse d’Allâh , Très-Haut (contre tout mal) prononce-la sans discontinuer !

Il suffit comme preuve aussi, de savoir que quiconque refuse délibérément de la prononcer, n’aura aucune excuse.

Car on le met d’office à mort en tant qu’impie et non en tant que musulman fauteur

Les érudits exaltent la grandeur de la “basmala”, de la “hawqa-la”, du “takbir”, de la “adbala” et de la “hamdala”.

Ajoute la “salat ala-n-nabi”, la “hasbala”, ainsi le “istigfâr” qui les suit.

Chacune de ces formules comporte des avantages particuliers pour celui qui la pratique avec assiduité.

Chacune renferme des secrets que les érudits ont explicités dans leurs ouvrages. La HASBALA, c’est “hasbunà-làhu wa ni ma-l-wakîl”

Chacune a des fruits qui satisfonts celui qui les cueille.

Le fruit du “tahlîl”(2❀) est l’acquisition du “tawhîd”(3❀)

Car la “tawhîd” des tenants de l’apologie défensive est plutôt vulgaire, étant connu de tout musulman

Le fruit du “Takbîr” et du “hamd” est l’acquisition du réel sentiment de la grandeur d’ALLAH et de la reconnaissance envers lui pour Ses bienfaits avec remerciements et témoignages.

Encore l’acquisition de l’amabilité et la fermeté dans l’espoir, car tout bienfaiteur est aimé.

Quant aux fruits de la “Hawqala” et au fruit de la “Hasbala” selon l’opinion du consensus

Ce sont l’abandon à Allâh, Très-Haut, et la forte volonté de compter sur lui et de lui faire confiance, retiens-le.
La “HAWQALA : lâ hawla walâ quwwata illâ bil-lâhil-âzim”
La “HASBALA, c’est : habunà-làhu wa ni ma-l-wakîl”

Quant à la prière sur le Prophète, qu’Allâh lui accorde salut et paix.

Son fruit est d’aimer passionnément le Prophète, d’appliquer sa Tradition et d’en tire profit

Quant aux “Istigfâr” (4❀) , chaque fois que tu demandes pardon à ton Seigneur l’Un, il te procure une réelle crainte d’Allâh.

Et tu acquiert la force nécessaire pour l’observation permanente des conditions du repentir, cela est rapporté.

Mais toutes ces formules sont condensées, sont contenues dans une seule qui est obligatoire, notre Guide l’a affirmé

Cette formule est : “là ilâ ha illa-l-lâh Muhammadun rasùlu-l-lâhi” (Il n’y a de Divinité qu’Allâh , Muhammad est l’Envoyé d’Allâh )

Qu’Allâh lui accorde salut et bénédiction, ainsi qu’à sa Famille, ses Compagnons et l’honore

Son contenu constitue, à la fois le début et la fin des itinéraires, elle consacre la dernière étape des gens bien dirigés.

Si tu récites dix fois la “Basmala”, le matin, suivies de la “Hawqa-la”.

Tu sors propre de tous tes péchés comme tu étais le jour de ta naissance.

Le Seigneur Très-Haut repousse et éloigne de toi soixante douze (72) sortes de malheurs.

Dont les moins graves sont la lèpre et la lardrerie, cela est affirmé par l’unanimité des savants.

Ensuite, le Seigneur te confie à soixante-dix (70) anges à partir du moment où tu te réveilles.

Qui implorent le pardon en ta faveur jusqu’à la nuit, cela est tenu du meilleur homme.

Cette action interpose une barrière entre nous et les génies.

Quiconque la récite cinquante (50) fois devant un oppresseur, craignant son danger.

Aura une garantie contre lui, car le Maître des créateurs humilie cet oppresseur devant lui.

Qui la récite la nuit vingt-et-une fois (21) ni moins, ni plus, avant de se dormir, obtient.

Une garantie contre toute mort subite et tout cambriolage dans cette nuit.

Aussi contre tout démon – (Qu’ALLAH nous préserve de leur mal et de tout autre esprit malin, d’où qu’il vienne)

Si tu la lis, tu acquiers pour chacune des lettres qui la composent.

Quatre mille (4000) biens et la rédemption d’autant de péchés.

On t’élève à autant de “Daraja” si tu le fais exclusivement pour la Face d’Allâh .

Le nombre de ses dix-neuf (19) lettres est graphiquement égal à celui des anges dits “Zabbaniya”.

On rapporte que celui qui la récite, sera protégé contre ces anges effrayants, selon un “hadith” du Prophète.

Le meilleur salut et paix soient sur lui tant que celui qui donne de bons conseils obtient le plus grand bien.

Quand un enfant la lit à l’école coranique, le Seigneur lui accorde.

A lui et à ses deux (2) parents et à son maître une garantie contre l’Enfer ; ce profit n’est pas négligeable.

Si en t’installant sur le dos de ta monture, tu la récites et ajoute la “Hamdala”.

Les anges du Seigneur te consignent un nombre de bienfaits égal à celui des pas que ta monture fera sous toi.

Ses secrets sont trop nombreux pour être retenus et ses avantages ne sauraient être tous mentionnés.

Quant à notre prière sur le Prophète Muhammad le meilleur fils de Abdoulaye

Elle est la plus méritoire de toutes tes préoccupations en dehors des obligations divines.

Notre Sheikh Al Sanûssî, le noble, qu’Allâh notre Seigneur le Clément l’agrée

A noté qu’elle peut tenir lieu de guide spirituel car, il amène l’aspirant jusqu’à la proximité du Prophète aimé

Elle voile les défauts et Allâh pardonne les fautes, grâce à elle

Elle équivaut à l’affranchissement d’un esclave en récompense et elle satisfait tous les besoins de celui qui la pratique

Elle conduit l’homme jusqu’au Paradis et l’éloigne de l’Enfer

Elle illumine l’extérieur et l’intérieur de l’homme, selon le consensus des soufis

Elle vaut à l’homme l’intercession de l’Elu d’Allâh, le jour du Jugement dernier

Que le Seigneur lui accorde salut et paix, à lui, à sa Famille, à ses Compagnons ainsi qu’à ceux qui l’aiment

Il ne saurait être question d’énumérer ses avantages d’ici-bas et de l’au-delà, cela est au-dessus des forces de l’homme

Celui qui a l’habitude de la réciter, s’est cramponné à une corde incassable

Les élus ont écrit des ouvrages très précieux à ce sujet et ils ont tous révélé des réalités très profondes

Quant à l’ouvrage des notre Sheikh distingué, je veux parler de celui intitulé :
“Nafh at Tîb” (l’exhalaison du parfum)

Cet ouvrage réunit, avec concision, tout ce que les anciens ont laissé en fragments

Heureux est celui qui le lit constamment ! Il le préservera demain de la frayeur.

Mais celui intitulé “Dala-il al hayrât”
(indications des biens) on ne se lasse pas de le lire à aucun moment.

(1❀) la profession de foi musulmane
(2❀) la formule : il n’y a de Divinité qu’Allâh
(3❀) force de la foi orthodoxe qui est fondamentale aux yeux des érudits.
(4❀) la formule de demande de pardon à Allâh.

— Cheikh Ahmadou Bamba —

Massàlik al Jinàn
Extrait « LES ITINÉRAIRES DU PARADIS »
Traité de soufisme
Traduction de Serigne Sam Mbaye
Page 36 à 43

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